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Dernière vérification : 6 octobre 2026Vérifié
Construire au Maroc · Rénovation

Rénover en médina : ce que la loi 22-80 impose, article par article, et comment elle s’articule avec le permis

Deux régimes qui se cumulent, le patrimoine et l'urbanisme : ce que chaque article impose, et ce qui changera avec la loi 33-22.

Mis à jour le 17 octobre 2026 Prochaine révision 6 avril 2027 Lecture 12 min

Réponse courte

Rénover en médina relève de deux régimes qui se cumulent : le droit du patrimoine, la loi 22-80, pour tout ce qui est inscrit, classé ou situé dans un périmètre de classement ; et le droit de l’urbanisme, avec l’avis du service du patrimoine dans la commission du permis

La loi 22-80 du 25 décembre 1980, modifiée en 2006, distingue l’inscription, mesure légère prise par arrêté, et le classement, mesure lourde prise après enquête, et attache à chacune des obligations précises pour le propriétaire. Un immeuble inscrit ne peut être « restauré ou modifié » sans que l’administration en ait été avisée six mois avant les travaux (article 6). Un immeuble classé ne peut être démoli sans déclassement préalable (article 20), ni restauré ou modifié sans autorisation administrative (article 21) ; aucune construction nouvelle n’y est possible sans cette autorisation, à laquelle le permis de construire communal est subordonné (article 22). Dans un périmètre de classement, toute modification de l’aspect des lieux est soumise à autorisation (article 23), et les voisins d’un immeuble classé ont leurs propres obligations (article 28). Par-dessus, l’urbanisme s’applique : plan d’aménagement de la médina, charte architecturale, et visa du patrimoine dans la commission qui instruit l’autorisation de construire. Une nouvelle loi, la 33-22, qui crée la notion d’« ensembles historiques » couvrant médinas, ksour et kasbahs, était en seconde lecture au Parlement en 2025 ; vérifiez si elle a été promulguée.

Tous les guides de ce site sur les médinas, de Fès à Essaouira, renvoient ici. Ils décrivent ce que l’UNESCO protège et qui l’administre ; ce guide dit ce que la loi marocaine impose à un propriétaire, article par article, et comment ces obligations s’articulent avec la procédure ordinaire du permis. Il repose sur le texte intégral de la loi 22-80 telle que modifiée par la loi 19-05, sur le règlement général de construction, et sur les évaluations de l’UNESCO qui décrivent les outils propres à chaque ville. Il appartient au pilier Construire au Maroc et complète l’autorisation de construire.

Quels régimes s’appliquent à une maison de médina ?

En bref

Trois couches possibles : l’inscription ou le classement de l’immeuble lui-même, le classement du site ou de la zone qui l’entoure, et les documents d’urbanisme de la médina. L’inscription au patrimoine mondial n’est pas une quatrième couche juridique : elle agit à travers les trois autres.

La loi 22-80 vise « les immeubles, par nature ou par destination, ainsi que les meubles dont la conservation présente un intérêt pour l’art, l’histoire ou la civilisation du Maroc », qui « peuvent faire l’objet d’une inscription ou d’un classement » (article 1). Au titre des immeubles, elle retient « les monuments historiques ou naturels » et « les sites à caractère artistique, historique, légendaire, pittoresque ou intéressant les sciences du passé et les sciences humaines en général » (article 2). Une maison de médina peut donc être protégée à trois titres : parce qu’elle est elle-même inscrite ou classée ; parce qu’elle se trouve dans un site ou une « zone entourant les monuments historiques » classés, assortis de servitudes (article 13) ; ou parce que les documents d’urbanisme de la médina, plan d’aménagement, charte architecturale, lui imposent des règles.

L’inscription au patrimoine mondial ne crée pas, à elle seule, d’obligation pour un propriétaire : l’UNESCO le dit pour chaque ville, « les mesures de protection relèvent essentiellement des différentes lois pour le classement des monuments et sites historiques, en particulier la loi 22-80 ». Ce sont les textes marocains, et les outils de gestion que chaque ville a adoptés, qui s’imposent.

Qu’est-ce qu’un immeuble inscrit, et qu’impose l’inscription ?

En bref

Une mesure prise par arrêté, sans enquête publique, qui oblige à prévenir l’administration six mois avant tout travail, à laisser l’accès aux chercheurs, et à déclarer toute vente, l’État pouvant préempter. En contrepartie, des subventions sont possibles.

L’inscription « est prononcée conformément à la réglementation en vigueur » (article 3), par arrêté ministériel publié au Bulletin officiel, ce qui la rend rapide. Ses effets tiennent en quatre articles. « L’immeuble ou le meuble inscrit ne peut être dénaturé ou détruit, restauré ou modifié sans qu’avis n’en ait été donné à l’administration par le ou les propriétaires, six mois avant la date prévue pour le commencement des travaux » (article 6). Les propriétaires « sont tenus d’en faciliter l’accès et l’étude aux chercheurs autorisés à cet effet » (article 5). « Des subventions peuvent être allouées par l’administration aux propriétaires d’immeubles ou de meubles inscrits, en vue de la restauration et de la conservation de leurs biens », et l’administration « peut entreprendre, à sa charge, en accord avec les propriétaires, tous travaux visant à sauvegarder et mettre en valeur le bien inscrit » (article 7). Enfin, les immeubles inscrits « peuvent être cédés », mais « cette cession est soumise aux conditions prévues par le titre V relatif au droit de préemption de l’État » (article 9).

Le préavis de six mois est la règle que les propriétaires ignorent le plus. Il ne s’agit pas d’une autorisation mais d’un avis : l’administration dispose de ce délai pour réagir, proposer, subventionner ou, si elle le juge nécessaire, engager un classement. Commencer des travaux sur un immeuble inscrit sans l’avoir donné est une infraction.

Qu’est-ce qu’un immeuble classé, et qu’impose le classement ?

En bref

Une mesure prise après enquête, avec avis du conseil communal, inscrite sur le titre foncier. Pas de démolition sans déclassement, pas de restauration ni de modification sans autorisation, pas de construction nouvelle sans autorisation à laquelle le permis est subordonné. L’État peut faire les travaux d’office.

Le classement suit une enquête dont l’ouverture est publiée au Bulletin officiel. Pendant un an à compter de cette publication, l’immeuble « est assimilé à un immeuble classé » ; si l’acte de classement n’est pas publié dans ce délai, « l’enquête est considérée comme caduque » (article 11). « Le conseil communal du lieu de la situation de l’immeuble doit donner son avis sur le projet de classement, pendant la durée de l’enquête. Faute d’avoir été exprimé dans ce délai, il est réputé favorable » (article 12). L’acte de classement « est inscrit sur le titre foncier si l’immeuble est immatriculé », d’office ou à la demande, sans frais (article 19) : un acheteur le voit donc sur le certificat de propriété, raison de plus pour le lire, comme l’explique Titre foncier vs melkia.

Effets du classement sur un immeuble, loi 22-80, chapitre II, section I.
ArticleCe qu’il ditCe que cela signifie pour vous
20« Un immeuble classé ne peut être démoli, même partiellement, sans avoir été préalablement déclassé »Pas de démolition, même d’une aile ou d’un plancher, sans déclassement (article 36)
21« Un immeuble classé ne peut être restauré ou modifié qu’après autorisation administrative »Toute restauration, tout changement, passe par une autorisation du ministère de la Culture
22« Aucune construction nouvelle ne peut être entreprise sur un immeuble classé sauf autorisation » ; le permis de construire communal « est subordonné à l’autorisation visée à l’alinéa précédent »Surélever ou ajouter suppose d’abord l’autorisation patrimoine, puis le permis ; sans la première, la seconde est impossible
24Enseignes et affiches « quels qu’en soient la nature et le caractère » interdites « sauf autorisation administrative »L’enseigne d’une maison d’hôtes ou d’un commerce est soumise à autorisation
25L’administration « peut faire exécuter d’office, aux frais de l’État et après en avoir avisé le propriétaire, tous travaux qu’elle juge utiles à la conservation » ; occupation temporaire possible, un an au plus, indemnité par accord ou tribunalSi vous laissez le bâtiment se dégrader, l’État peut intervenir chez vous
26-27Les immeubles classés domaniaux, habous ou collectifs sont « inaliénables et imprescriptibles » ; ceux « appartenant à des particuliers peuvent être cédés » sous préemptionUn immeuble habous classé ne peut pas vous être vendu ; un immeuble privé classé, si, avec déclaration préalable

Que change le fait d’être dans un périmètre de classement ?

En bref

Même sans être classée elle-même, une maison située dans un site ou une zone classés voit toute modification de l’aspect des lieux soumise à autorisation, y compris lotissement et morcellement ; en zone non aedificandi, seul l’entretien est possible.

L’article 13 permet de classer « des sites naturels ou urbains » et « des zones entourant les monuments historiques », avec « l’établissement de servitudes qui sont définies par l’acte administratif de classement » pour protéger « soit le style des constructions particulier à une région ou une localité déterminée, soit le caractère de la végétation ou du sol ». L’article 23 en tire les conséquences : « il ne peut être apporté de modification, quelle qu’elle soit, notamment par lotissement ou morcellement, à l’aspect des lieux compris à l’intérieur du périmètre de classement, qu’après autorisation administrative. La délivrance de l’autorisation de bâtir, de lotir ou morceler, par l’autorité communale compétente, est subordonnée à l’autorisation visée à l’alinéa précédent. » Dans « les sites et zones grevés de servitudes non œdificandi, les constructions existant antérieurement au classement peuvent seulement faire l’objet de travaux d’entretien, après autorisation. Il ne peut être élevé de nouvelles constructions aux lieu et place de celles qui sont démolies. » Enfin « toute installation de lignes électriques ou de télécommunications extérieures ou apparentes, est soumise à autorisation ».

Deux précisions. Les documents d’urbanisme « peuvent modifier les servitudes imposées en application de l’article 13 » (article 14) : le plan d’aménagement de la médina peut donc affiner ou alourdir ces servitudes. Et les servitudes qui changent « la destination, l’usage et l’état des lieux » peuvent ouvrir droit à indemnité, mais seulement pour « les particuliers qui ont fait des observations au cours de l’enquête » et dans les six mois de la publication du classement (articles 15 et 16) : d’où l’importance de participer à l’enquête quand un classement est ouvert dans votre quartier.

Attention

Un immeuble « assimilé » à un immeuble classé pendant l’année d’enquête (article 11) est soumis aux mêmes règles qu’un immeuble classé, sauf l’interdiction absolue de démolition remplacée par une autorisation (articles 33 et 34). Si un avis d’ouverture d’enquête a été publié pour votre quartier, vos travaux changent de régime le jour de la publication, pas le jour du classement.

Et si votre maison est voisine d’un monument classé ?

En bref

Vous ne pouvez pas construire contre lui, vous devez bâtir un contre-mur dès que vous faites plus que de l’entretien, et vous devez protéger le monument pendant vos travaux.

L’article 28 est le plus concret pour les maisons mitoyennes des médinas : « aucune construction nouvelle ne peut être adossée à un immeuble classé. Les constructions existant avant le classement ne doivent plus, lorsqu’elles font l’objet de travaux autres que des travaux d’entretien, s’appuyer directement contre ledit immeuble. Dans la partie mitoyenne de ce dernier, les propriétaires devront édifier, sur leur propre terrain, un contremur pour supporter les constructions. » Une indemnité « représentative de la servitude d’appui pourra être allouée ». Et « lors des travaux qu’ils effectuent sur leurs immeubles, les propriétaires riverains sont tenus de prendre toutes mesures nécessaires pour préserver l’immeuble classé de toute dégradation pouvant résulter des travaux », mesures que l’administration peut prescrire. Dans une médina où les maisons se portent les unes les autres, cet article peut transformer une rénovation de plancher en chantier de structure.

Comment ces règles entrent-elles dans la procédure du permis ?

En bref

Par la commission d’instruction, où siègent les administrations dont le visa est requis, et par les documents propres à chaque médina : plan d’aménagement à Fès, charte architecturale à Marrakech, PASME à Essaouira, plans d’aménagement spécial à Rabat.

Le règlement général de construction admet dans la commission d’instruction, outre les membres permanents, « les administrations dont l’avis ou le visa est requis » par la législation (article 23). Pour une maison inscrite, classée ou en périmètre classé, c’est le service du patrimoine, et son autorisation est, par les articles 22 et 23 de la loi 22-80, une condition du permis. Les villes ont ensuite chacune leur outil : à Marrakech, selon l’UNESCO, « l’Inspection régionale des monuments historiques et sites » est « spécifiquement responsable de l’examen des demandes de permis de construire et d’aménagement et du contrôle des chantiers dans la médina », sur la base d’une charte architecturale de 2008 ; à Fès, « un plan d’aménagement de la médina » de 2001 « réévalué tous les dix ans » ; à Essaouira, un plan d’aménagement et de sauvegarde de la médina approuvé par décret en 2021 ; à Rabat, des plans d’aménagement spécial. Les guides sur Marrakech, Fès et Essaouira décrivent chacun.

Un cas particulier : à Rabat-Salé, les pouvoirs que la loi 22-80 donne aux autorités communales pour les articles 22, 23 et 46 « sont exercés par le gouverneur » (article 59).

Que se passe-t-il à la vente d’un immeuble inscrit ou classé ?

En bref

Déclaration obligatoire au ministère, à peine de nullité ; l’État a deux mois pour préempter au prix déclaré ; son silence vaut renonciation.

« Toute aliénation volontaire d’un immeuble ou meuble inscrit ou classé, est subordonnée à une déclaration du propriétaire. Est considérée comme nulle, toute aliénation qui ne respecte pas cette condition » (article 38). « Dans les deux mois à compter de la date de réception de la déclaration, l’administration doit notifier au propriétaire sa décision soit de poursuivre l’acquisition aux prix et conditions fixés, soit de renoncer » ; « le défaut de réponse à l’expiration du délai de deux mois vaut renonciation » ; « toute modification apportée aux prix et conditions fixés donne lieu à une nouvelle déclaration » (article 39). Si l’État préempte mais n’achète pas dans le mois, le propriétaire peut vendre aux conditions déclarées (article 40). Pour l’acheteur d’un riad inscrit ou classé, la vente n’est sûre qu’après ces deux mois ou la renonciation expresse ; un compromis signé avant est conditionnel.

Que faire si le chantier met au jour des vestiges ?

En bref

Aviser immédiatement la commune, ne rien dégrader ni déplacer sauf pour mettre à l’abri, et continuer sous contrôle ; les objets découverts deviennent propriété de l’État contre indemnité.

L’article 46 vise exactement le chantier de rénovation : « si, au cours d’un travail quelconque, une fouille entreprise dans un but non archéologique met au jour des monuments, monnaies ou objets d’art et d’antiquité, la personne qui exécute ou fait exécuter cette fouille doit aviser immédiatement de sa découverte l’autorité communale compétente », qui remet un récépissé « en indiquant qu’il ne doit dégrader en aucune manière ni déplacer, sauf pour les mettre à l’abri, les monuments ou objets découverts ». Le travail « se trouve assimilé à une fouille autorisée et contrôlée et peut être poursuivi jusqu’à ce que l’administration ait fixé les conditions définitives », sauf arrêt provisoire. « Les objets d’art ou d’antiquité mobiliers découverts au cours soit de fouilles autorisées, soit de travaux quelconques deviennent propriété de l’État. Une indemnité est, dans ce cas, versée au possesseur » (article 49). L’emploi de « pierres et de vestiges antiques » tirés de ruines non classées est lui-même assimilé à une fouille et soumis à autorisation (article 47).

Que risque-t-on ?

En bref

Des amendes de 2 000 à 20 000 dirhams, doublées en récidive jusqu’à 40 000, et, pour les constructions et modifications non autorisées, les sanctions du droit de l’urbanisme. Une commission de contrôle existe dans chaque préfecture.

« Les infractions aux dispositions de la présente loi et des textes pris pour son application, sont punies d’une amende de deux mille à vingt mille dirhams. En cas de récidive, le délinquant sera condamné à une amende qui ne pourra être inférieure au double de celle précédemment prononcée, sans toutefois qu’elle puisse dépasser quarante mille dirhams » (article 52). Surtout, « les infractions aux articles 22, 23 et 28, le non-respect des servitudes instituées en application de l’article 13 sont sanctionnés dans les conditions prévues » par la législation de l’urbanisme (article 53), c’est-à-dire, aujourd’hui, par le régime renforcé de la loi 66-12 décrit dans le guide sur le cadre légal : arrêt de chantier, remise en état, démolition. Les infractions sont constatées par les officiers de police judiciaire, « les agents de l’administration chargée du patrimoine », les architectes et techniciens de l’urbanisme habilités (article 51), et « il est institué au niveau de chaque préfecture et province » une « commission de contrôle du respect des dispositions de la présente loi » (article 51-1). Les amendes de 1980 sont faibles ; les sanctions d’urbanisme ne le sont pas.

Qu’est-ce qui change avec la loi 33-22 ?

En bref

Un texte qui doit remplacer la loi 22-80, crée la catégorie des « ensembles historiques » (médinas, ksour, kasbahs), un registre national d’inventaire et des sanctions renforcées. Adopté par les deux chambres en 2025 avec amendements, il devait repasser devant les représentants ; sa promulgation est à vérifier.

Le gouvernement a adopté en novembre 2024 le projet de loi 33-22 relatif à la protection du patrimoine, destiné à « renforcer les dispositions prévues dans la loi n° 22.80 » et à aligner le droit marocain sur les conventions de l’UNESCO. La Chambre des représentants l’a voté à l’unanimité en février 2025, la Chambre des conseillers à la majorité le 6 mai 2025 ; le texte, amendé, devait « repasser à la Chambre des représentants ». Parmi ses apports, la création du « concept d’ensembles historiques composés de biens immobiliers groupés, bâtis ou non, présentant un intérêt par leur caractère architectural, leur importance historique ou leur singularité, tels que les médinas anciennes, les cités disparues, les villages, les ksour et les kasbahs », un registre national d’inventaire, et un volet sur le patrimoine immatériel. Pour un propriétaire de médina, la notion d’ensemble historique donnerait une base légale propre aux règles que les chartes et plans d’aménagement portent aujourd’hui par l’urbanisme. Au moment où nous écrivons, nous n’avons pas trouvé trace de la promulgation : les articles cités ci-dessus restent ceux de la loi 22-80 jusqu’à publication du nouveau texte au Bulletin officiel.

Quand consulter un professionnel

Avant d’acheter : le statut ; avant de toucher un mur : l’autorisation

Le notaire vérifie le statut de l’immeuble sur le titre foncier, où le classement est inscrit (article 19), et conduit la déclaration de préemption si l’immeuble est inscrit ou classé. L’architecte inscrit à l’Ordre, familier des services du patrimoine de la ville, monte la demande d’autorisation de l’article 21 ou 23 avant la demande de permis. Un avocat en droit de l’urbanisme intervient si un classement est ouvert dans votre quartier, pour les observations d’enquête qui conditionnent toute indemnité. Built Morocco ne recommande aucun praticien.

Quelle est la différence entre un immeuble inscrit et un immeuble classé ?

L’inscription est prise par arrêté, sans enquête, et impose surtout un préavis de six mois avant travaux et une déclaration à la vente. Le classement est pris après enquête, inscrit sur le titre foncier, et interdit démolition sans déclassement, restauration ou construction sans autorisation.

Faut-il une autorisation du patrimoine en plus du permis de construire ?

Oui pour un immeuble classé ou situé dans un périmètre de classement : la loi 22-80 subordonne le permis communal à l’autorisation administrative (articles 22 et 23). Pour un immeuble seulement inscrit, c’est un préavis de six mois (article 6).

L’inscription d’une médina au patrimoine mondial m’impose-t-elle des règles ?

Pas directement. Les obligations viennent de la loi 22-80, des classements de sites et zones, et des documents d’urbanisme propres à chaque médina (plan d’aménagement, charte architecturale, PASME, PAS).

Puis-je vendre un riad classé ?

Oui s’il appartient à un particulier, après déclaration au ministère ; l’État a deux mois pour préempter au prix déclaré, et son silence vaut renonciation (articles 27, 38-39).

Que faire si je découvre des vestiges pendant les travaux ?

Aviser immédiatement la commune, ne rien dégrader ni déplacer sauf pour mettre à l’abri, obtenir un récépissé et continuer sous contrôle ; les objets deviennent propriété de l’État contre indemnité (articles 46 et 49).

La loi 22-80 est-elle toujours en vigueur ?

À notre connaissance oui. La loi 33-22 qui doit la remplacer a été votée par les deux chambres en 2025 avec amendements ; vérifiez sa promulgation au Bulletin officiel avant de vous fonder sur ses nouvelles notions.

Sources

  1. Royaume du Maroc. Loi n° 22-80 relative à la conservation des monuments historiques et des sites, des inscriptions, des objets d’art et d’antiquité, promulguée par le dahir n° 1-80-341 du 25 décembre 1980 (B.O. 18 février 1981), telle que modifiée et complétée par la loi n° 19-05 (dahir n° 1-06-102 du 15 juin 2006). Reproduite par l’Agence urbaine de Khémisset. http://www.auks.ma/wp-content/uploads/2019/11/Loi_n_22-80_relative.pdf
  2. Royaume du Maroc (2013). Décret n° 2-13-424 approuvant le règlement général de construction. B.O. n° 6174, reproduit par FAOLEX. https://faolex.fao.org/docs/pdf/mor134797.pdf
  3. UNESCO, Centre du patrimoine mondial. Médina de Marrakech : protection et gestion. https://whc.unesco.org/en/list/331/
  4. UNESCO, Centre du patrimoine mondial. Médina de Fès : protection et gestion. https://whc.unesco.org/en/list/170
  5. Comité du patrimoine mondial. Décision 47 COM 7B.177, Médina d’Essaouira (2025). https://whc.unesco.org/en/decisions/8902/
  6. Maroc.ma / MAP (2025). La Chambre des conseillers adopte à la majorité le projet de loi n° 33.22 relatif à la protection du patrimoine. 6 mai 2025. https://www.maroc.ma/en/news/upper-house-adopts-draft-law-heritage-protection-majority-vote
  7. LesEco.ma (2025). Souveraineté culturelle : une nouvelle législation pour protéger l’histoire marocaine. https://leseco.ma/maroc/souverainete-culturelle-une-nouvelle-legislation-pour-proteger-lhistoire-marocaine.html