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Dernière vérification : 4 octobre 2026Vérifié
Construire au Maroc · Après travaux

Permis d’habiter et certificat de conformité

La fin du chantier n'est pas la fin de la procédure : sans permis d'habiter, l'occupation est interdite et la vente fragile.

Mis à jour le 17 octobre 2026 Prochaine révision 4 avril 2027 Lecture 9 min

Réponse courte

Le permis d’habiter atteste que la construction est conforme au permis de construire ; sans lui, l’occupation est interdite

Prévu par l’article 55 de la loi 12-90, le permis d’habiter est délivré par le président du conseil communal, à la demande du maître d’ouvrage, après une déclaration d’achèvement des travaux et un récolement, c’est-à-dire une vérification de la conformité des travaux réalisés aux plans autorisés. Pour un bâtiment à usage autre que l’habitation, le document s’appelle certificat de conformité. Lorsque les travaux ont été dirigés par un architecte, son attestation de conformité peut remplacer le récolement. Le modèle officiel de permis de construire interdit d’exploiter l’immeuble avant l’obtention de ce document.

La fin du chantier n’est pas la fin de la procédure. Tant que le permis d’habiter n’est pas délivré, la construction est juridiquement inachevée : le raccordement définitif aux réseaux, la vente et, en toute rigueur, l’installation dans les lieux dépendent de lui. Beaucoup de propriétaires l’oublient parce que personne ne le réclame sur le moment ; ils le découvrent au moment de vendre. Ce guide décrit la procédure prévue par le règlement général de construction, ses délais, la voie accélérée par attestation d’architecte, et les erreurs qui la bloquent. Il prolonge le guide sur l’autorisation de construire.

Permis d’habiter ou certificat de conformité : lequel vous concerne ?

En bref

Le permis d’habiter pour les constructions à usage d’habitation, le certificat de conformité pour les autres usages. Même procédure, même autorité, même effet.

Le règlement général de construction a pour objet, entre autres, de fixer « la forme et les conditions de dépôt, d’examen des demandes et de délivrance […] des permis d’habiter et des certificats de conformité » (article premier), tous deux prévus par l’article 55 de la loi 12-90 et visés dans les modèles officiels annexés au règlement. Le permis d’habiter autorise « à occuper l’immeuble objet de l’autorisation de construire » ; le certificat de conformité autorise « à exploiter » l’immeuble. La distinction suit donc l’usage : logement d’un côté, commerce, bureaux, atelier ou équipement de l’autre. Un immeuble mixte peut appeler les deux.

Pourquoi est-il indispensable ?

En bref

Parce que le permis de construire lui-même interdit d’exploiter l’immeuble avant sa délivrance, et parce que raccordements, vente et location s’y rattachent.

Le modèle de décision portant permis de construire, annexé au règlement, impose au bénéficiaire « d’adresser à la commune ou au guichet unique des autorisations d’urbanisme une demande portant déclaration d’achèvement des travaux en vue de l’obtention du permis d’habiter ou du certificat de conformité » et précise : « il est strictement interdit d’exploiter les immeubles réalisés préalablement à l’obtention du permis ou du certificat susvisés ». Le même modèle interdit « de procéder au raccordement de l’immeuble […] aux différents réseaux sans autorisations préalables des services concernés », autorisations qui s’appuient en pratique sur l’achèvement régulier des travaux.

Pour les groupes d’habitations, le règlement est encore plus explicite : « aucune vente ou location d’immeuble ne peut être opérée avant l’obtention préalable du permis d’habiter ou du certificat de conformité ». Médias24 résume l’enjeu pour le particulier : le permis d’habiter « atteste que le permis et toutes les normes ont été respectés, permettant ainsi l’occupation légale de la construction ». Sans lui, l’acheteur d’une maison achetée sur plan ou le futur acquéreur de votre villa n’a aucune garantie officielle de conformité.

Comment se présente la demande ?

En bref

Une demande au président portant déclaration d’achèvement des travaux, déposée à la commune ou au guichet unique contre accusé de réception, accompagnée le cas échéant de l’attestation des télécommunications.

L’article 41 du règlement dispose que le permis d’habiter et le certificat de conformité « sont délivrés par le président du conseil communal, sur demande du pétitionnaire », et que le dossier est déposé « contre accusé de réception numéroté et daté au bureau d’ordre de la commune concernée ou, le cas échéant, le guichet unique des autorisations d’urbanisme ». Il comprend « une demande adressée par le pétitionnaire au président du conseil communal portant déclaration d’achèvement des travaux » et « l’attestation de conformité des travaux délivrée par les services compétents en matière de télécommunications, dans les cas prévus par les lois et règlements en vigueur ».

Le modèle de déclaration d’achèvement, à l’annexe 8, est à présenter en trois exemplaires. Il identifie le déclarant, l’architecte, l’ingénieur spécialisé et l’entrepreneur, décrit les travaux et leur lieu, et contient la déclaration suivante : les travaux « ont été achevés depuis le … et […] les travaux réalisés sont conformes aux plans autorisés et aux indications du permis de construire et aux règles de l’art en vigueur ». Le nom de l’architecte et de l’ingénieur sont requis « dans le cas où le recours à ce professionnel est obligatoire ». La déclaration engage son auteur : une fausse déclaration de conformité expose aux sanctions de la loi 66-12.

Qu’est-ce que le récolement et qui le fait ?

En bref

Une visite de vérification par une commission formée des représentants de la préfecture ou province et de la commune, qui compare l’ouvrage aux plans « ne varietur » et aux indications du permis.

Les deux documents « sont établis après récolement des travaux », lequel « consiste à vérifier la conformité des travaux réalisés avec les plans architecturaux et techniques et les indications de l’autorisation de construire » (article 42). La commission de récolement est « composée des représentants de la préfecture ou de la province [et de] la commune », et le président peut y adjoindre, à titre consultatif, « toute personne dont l’avis est jugé utile ». La comparaison se fait avec les plans portant la mention « ne varietur », ceux-là mêmes que le permis vous a imposé de conserver sur le chantier.

Ce qui est vérifié, concrètement : l’implantation et les reculs, les hauteurs et le nombre de niveaux, les surfaces, les façades et ouvertures, les affectations des locaux. Toute différence avec les plans autorisés devait faire l’objet d’une autorisation modificative avant la fin des travaux ; le modèle de permis le rappelle (« toute modification du projet autorisé […] doit faire l’objet d’une nouvelle demande d’autorisation »), et Médias24 insiste : « il est indispensable de déposer un permis modificatif avant la fin des travaux ».

Quels sont les délais prévus ?

En bref

Trois jours ouvrables pour vous notifier la date du récolement, quinze jours ouvrables pour convoquer la commission, deux jours ouvrables pour le procès-verbal et deux pour la décision. Le règlement compte en jours ouvrables ; la réalité, en semaines.

  1. Dépôt de la déclaration d’achèvement. Contre accusé de réception numéroté et daté, à la commune ou au guichet unique (article 41).
  2. Notification de la date du récolement. Dans un délai n’excédant pas trois jours ouvrables à compter du dépôt (article 43).
  3. Convocation de la commission. Transmise par le président aux membres dans un délai n’excédant pas quinze jours ouvrables à compter du dépôt (article 43).
  4. Procès-verbal. Établi selon le modèle de l’annexe 7 et soumis au président dans les deux jours ouvrables suivant la visite (article 44).
  5. Décision. Prise par le président dans le même délai de deux jours ouvrables à compter de la réception du procès-verbal (article 44) ; la décision suit le modèle de l’annexe 8.

Additionnés, ces délais placent la décision à moins d’un mois ouvrable du dépôt. Comme pour le permis de construire, l’article 49 charge les gouverneurs de veiller au respect de ces délais. Built Morocco ne publie pas de délai observé tant que son Baromètre n’a pas collecté de données ; les écarts constatés viennent surtout des récolements qui révèlent des non-conformités et renvoient le dossier vers une autorisation modificative ou une régularisation.

Quand l’attestation de l’architecte remplace-t-elle le récolement ?

En bref

Lorsque l’architecte a dirigé les travaux. Son attestation de conformité, jointe à la demande, peut se substituer à la visite de la commission.

L’article 45 ouvre une voie plus courte : « dans le cas où les travaux de construction ont été dirigés par un architecte, le récolement peut être remplacé par une attestation de l’architecte ayant dirigé les travaux, certifiant la conformité des travaux réalisés avec les plans architecturaux et les indications de l’autorisation ». L’attestation « est jointe au dossier de la demande » et suit le modèle de l’annexe 8. Le modèle de permis d’habiter prévoit d’ailleurs les deux fondements possibles : « considérant le procès-verbal de la commission de récolement » ou « considérant l’attestation de l’architecte ayant dirigé les travaux ».

Deux précisions. Le texte dit « peut », non « doit » : la commune conserve la faculté de procéder au récolement. Et l’attestation engage la responsabilité professionnelle de l’architecte, qui ne la signera que si l’ouvrage est effectivement conforme aux plans ; c’est l’une des raisons de confier la direction des travaux à l’architecte auteur du projet, et non seulement la conception.

Et le bâtiment ancien qui n’a jamais eu de permis d’habiter ?

En bref

C’est le cas le plus fréquent des maisons héritées : un permis de construire ancien, parfois perdu, et pas de permis d’habiter. L’issue passe par la reconstitution du dossier ou par la régularisation, avant toute vente.

Beaucoup de maisons construites dans les années 1980 et 1990 ont été habitées sans que personne ne demande le permis d’habiter, parce que les raccordements se faisaient alors sans lui. À la vente, le notaire le réclame, et les héritiers en découvrent l’absence. Trois voies selon le cas : si le permis de construire existe et que la maison lui est conforme, il suffit de déposer, même tardivement, une déclaration d’achèvement et de demander le récolement ; si le permis existe mais que la maison s’en écarte, la voie est l’autorisation modificative ou la régularisation lorsque le règlement de zone l’admet ; s’il n’y a jamais eu de permis, la procédure de régularisation créée par la loi 66-12 est le seul cadre, subordonnée à l’accord de l’agence urbaine et du président de la commune et à la conformité du bâtiment aux règles en vigueur. Commencez par demander à la commune une copie du dossier de l’ancien permis dans ses archives : il y est souvent conservé alors que le propriétaire l’a perdu.

Qu’est-ce qui bloque le permis d’habiter ?

En bref

Les écarts avec les plans autorisés, un permis de construire périmé ou modifié sans autorisation, des travaux inachevés, des raccordements sauvages, des taxes impayées.

  • Écarts avec les plans « ne varietur » : un niveau ajouté, une ouverture déplacée, un recul réduit, une terrasse couverte. Chacun supposait une autorisation modificative avant la fin des travaux.
  • Permis périmé : si les fondations n’ont pas débuté dans l’année suivant la délivrance, le permis est caduc, et la construction réalisée ensuite l’a été sans titre.
  • Travaux incomplets : la déclaration d’achèvement porte sur un ouvrage fini ; les finitions extérieures et les clôtures prévues aux plans en font partie.
  • Raccordements effectués sans autorisation des gestionnaires de réseaux, contraires au permis.
  • Taxes et redevances non acquittées, dont le quitus conditionne la délivrance.
  • Construction sans permis : le permis d’habiter suppose un permis de construire ; une construction non autorisée relève de la procédure de régularisation créée par la loi 66-12, lorsqu’elle est possible.

Attention

Une non-conformité constatée au récolement n’est pas un simple refus : elle est aussi une infraction d’urbanisme. La loi 66-12 a durci le contrôle et les sanctions, et prévu les permis de régularisation. Avant de déposer la déclaration d’achèvement, faites vérifier par l’architecte que l’ouvrage correspond aux plans autorisés ; si ce n’est pas le cas, déposez d’abord l’autorisation modificative.

Que faire une fois le permis d’habiter obtenu ?

En bref

Demander les raccordements définitifs, conserver le document avec le permis de construire et les plans, et le produire à toute vente ou location.

Le permis d’habiter est la pièce qui clôt le dossier administratif de la construction. Conservez-le avec la décision de permis de construire, les plans « ne varietur », le procès-verbal de récolement ou l’attestation de l’architecte, et les justificatifs de taxes. Les gestionnaires de réseaux l’exigent pour les abonnements définitifs ; les notaires le demandent à la vente ; et il reste, pour tout acquéreur futur, la seule preuve officielle que la maison a été construite comme elle a été autorisée.

Quand consulter un professionnel

L’architecte qui a dirigé les travaux est le raccourci

Si un architecte inscrit à l’Ordre a dirigé le chantier, son attestation de conformité peut remplacer le récolement : c’est lui qui prépare la déclaration d’achèvement et le dossier. Si les travaux s’écartent des plans, il est aussi le seul à pouvoir dire si une autorisation modificative ou une régularisation est envisageable. Pour une construction ancienne sans permis d’habiter, un juriste en droit de l’urbanisme est utile avant toute vente.

Le permis d’habiter est-il obligatoire pour une villa individuelle ?

Oui. Il est prévu par l’article 55 de la loi 12-90 pour toute construction à usage d’habitation, et le modèle de permis de construire interdit d’occuper l’immeuble avant sa délivrance.

Qui délivre le permis d’habiter ?

Le président du conseil communal, sur demande du maître d’ouvrage, après récolement par une commission préfecture-commune ou sur attestation de l’architecte ayant dirigé les travaux (articles 41 à 45 du règlement général de construction).

Combien de temps prend la procédure ?

Le règlement prévoit trois jours ouvrables pour notifier la date du récolement, quinze pour convoquer la commission, deux pour le procès-verbal et deux pour la décision. Les délais réellement observés dépendent surtout des non-conformités relevées.

Peut-on obtenir un permis d’habiter si la maison diffère des plans ?

Pas en l’état. Les modifications devaient faire l’objet d’une autorisation modificative avant la fin des travaux ; à défaut, il faut régulariser lorsque c’est possible, puis redemander le permis d’habiter.

Quelle différence avec le certificat de conformité ?

Même procédure et même autorité ; le permis d’habiter concerne l’habitation, le certificat de conformité les autres usages (commerce, bureaux, atelier, équipement).

Puis-je vendre une maison sans permis d’habiter ?

Pour les groupes d’habitations, le règlement interdit toute vente ou location avant son obtention. Pour une maison individuelle, le notaire le réclame et son absence fragilise fortement la vente : l’acquéreur n’a aucune garantie officielle de conformité.

Sources

  1. Royaume du Maroc (2013). Décret n° 2-13-424 du 24 mai 2013 approuvant le règlement général de construction, articles 41 à 46 et annexes 6 à 8. Bulletin officiel n° 6174 du 1er août 2013, reproduit par FAOLEX. https://faolex.fao.org/docs/pdf/mor134797.pdf
  2. Aboulfaraj, Z. (2025). Comment obtenir un permis de construire au Maroc ? Médias24, 24 mai 2025. https://medias24.com/2025/05/24/comment-obtenir-permis-construire-maroc/
  3. Azmi, I. (2016). Infractions immobilières : les promoteurs haussent le ton. Le360, 28 novembre 2016. https://fr.le360.ma/economie/infractions-immobilieres-les-promoteurs-haussent-le-ton-97227/